La trilogie du Parrain de Francis Ford Coppola a redéfini le genre du gangster, élevant le roman de Mario Puzo au rang de chef-d’œuvre du cinéma. Avec sa narration inégalée, ses interprétations légendaires et son influence sur le cinéma moderne, la série reste une figure emblématique du genre. Fans et critiques ont exploré en profondeur ses éléments symboliques, et un motif récurrent – les oranges – joue un rôle crucial pour préfigurer les rebondissements majeurs de l’intrigue. Si Coppola a expliqué avoir initialement utilisé les oranges pour contraster avec la lumière sombre du film, elles signalent aussi sans équivoque l’imminence d’événements majeurs.
Voici 10 exemples où les oranges ont servi de préfiguration dans la trilogie du Parrain :
10. La rencontre de Michael Corleone avec Hyman Roth
Le Parrain 2 (1974)

Dans Le Parrain : Partie 2 , Michael Corleone (Al Pacino) se rend à Cuba pour rencontrer Hyman Roth (Lee Strasberg) au sujet d’un éventuel investissement. Sur la table, devant eux, se trouve un bol d’oranges. Cette rencontre a lieu juste avant que Michael n’apprenne la trahison de Roth et l’effondrement imminent de son alliance avec lui. La présence d’oranges laisse subtilement entendre que ce moment marquera un tournant majeur dans le parcours de Michael, notamment lorsque son frère Fredo (John Cazale) se révèle être un traître.
9. Don Fanucci et la Fête de San Rocco
Le Parrain : 2e partie (1974)

À ses débuts, Vito Corleone (Robert De Niro) affronte le chef local Don Fanucci (Gastone Moschin), qui exige une part des bénéfices de ses activités. Alors qu’il marche dans la rue, Fanucci ramasse une orange, un geste qui préfigure sa mort subite. Après une rencontre tendue, Vito exécute Fanucci, un retournement de situation inattendu. L’orange est un signal visuel annonçant un événement inquiétant.
8. La réunion de la commission et l’embuscade
Le Parrain : Partie III (1990)

Lors d’une réunion avec la Commission, Michael Corleone (Al Pacino) propose un plan pour légitimer l’entreprise familiale, mais il tombe dans une embuscade peu après. Alors que la caméra se déplace au-dessus de la table de réunion, un bol d’oranges est exposé en évidence. L’attaque, impliquant une embuscade par hélicoptère, survient peu après, et Michael découvre plus tard le rôle de Don Altobello (Eli Wallach) dans l’orchestration du complot. Les oranges renforcent le sentiment de danger imminent.
7. La Mort de Vito Corleone
Le Parrain (1972)

Dans un moment poignant vers la fin du Parrain , Vito Corleone profite d’un après-midi paisible avec son petit-fils, pelant une orange. Sa mort survient peu après, lorsqu’il s’effondre en jouant avec l’enfant. L’orange dans cette scène symbolise non seulement les derniers instants de bonheur de Vito, mais aussi un présage doux-amer de sa mort, renforçant le thème du prix inévitable d’une vie dans la mafia.
6. La Rencontre avec Emilio Barzini
Le Parrain (1972)

Après la mort de Sonny Corleone, Vito Corleone (Marlon Brando) convoque une réunion pour mettre fin à la guerre civile familiale. Lors de la réunion, Emilio Barzini (Richard Conte) est assis avec un assortiment de fruits, dont une orange bien visible. Cette scène préfigure la révélation cruciale que Barzini est le cerveau des conflits familiaux, ouvrant la voie à un changement de pouvoir ultime au sein de la mafia.
5. Dîner avec Jack Woltz
Le Parrain (1972)

Lors d’un dîner avec le producteur hollywoodien Jack Woltz (John Marley), Tom Hagen (Robert Duvall) remarque un bol d’oranges placé entre eux. Le repas paisible se transforme rapidement en quelque chose de bien plus sinistre, Woltz se réveillant plus tard et trouvant la tête coupée de son précieux cheval dans son lit. Cet acte de vengeance brutal est préfiguré par les oranges, qui contrastent avec le calme initial du dîner et la tournure violente des événements qui s’ensuivent.
4. La mort de Michael Corleone
Le Parrain : Partie III (1990)

Dans les derniers instants de sa vie, Michael Corleone (Al Pacino) est assis seul dehors, une orange à la main. La scène fait écho à la mort de son père, et l’orange qui lui tombe des mains symbolise sa chute tragique et la fin de son parcours. La perte tragique de sa fille, Mary (Sofia Coppola), reflète le prix ultime de sa vie dans la mafia, et l’orange souligne sa solitude et son désespoir.
3. Le cadeau de Johnny Ola
Le Parrain 2 (1974)

Dans Le Parrain 2 , Johnny Ola (Dominic Chianese), bras droit d’Hyman Roth (Lee Strasberg), offre une orange à Michael Corleone (Al Pacino) en signe d’amitié. Cependant, ce geste préfigure une trahison. Alors que Michael se méfie de plus en plus de Roth, l’orange sert d’avertissement : danger et conflit se profilent à l’horizon, annonçant les complots les plus profonds qui vont se dérouler.
2. La Tentative d’assassinat de Vito Corleone
Le Parrain (1972)

L’une des scènes les plus emblématiques du Parrain met en scène Vito Corleone (Marlon Brando) pris en embuscade par des hommes armés alors qu’il achète des oranges chez un étal de fruits. Sous les coups de feu, les oranges se dispersent autour du corps de Vito, marquant la tentative d’assassinat. Ce moment est l’une des utilisations les plus claires et les plus célèbres des oranges comme présage de violence, donnant le ton du conflit sanglant qui s’ensuivra.
1. Salvatore Tessio au mariage de Connie
Le Parrain (1972)

Lors du mariage de Connie (Talia Shire), la fille de Vito Corleone, la caméra se focalise brièvement sur Salvatore Tessio (Abe Vigoda), assis à côté de Carmela, tenant une orange. Ce moment apparemment anodin préfigure la trahison de Tessio envers la famille Corleone. Ce plan rapide de Tessio avec l’orange laisse présager qu’il sera une source de conflits et de trahisons pour la famille, ce qui en fait l’un des exemples de préfiguration les plus subtils et les plus efficaces de toute la série.
Tout au long de la trilogie du Parrain, l’utilisation des oranges par Coppola ajoute non seulement un élément visuel saisissant, mais souligne aussi magistralement les moments clés du scénario. Qu’elles symbolisent le danger, la mort ou la trahison, ces oranges demeurent un outil unique et puissant dans l’arsenal narratif du réalisateur.